Tropical beach

La monnaie en Égypte : ce qu’il faut savoir avant votre voyage

Vous venez de payer deux cafés au Caire, le serveur vous annonce un montant en livres, vous sortez un billet de 200 et, pendant une seconde, vous vous demandez si vous venez de dépenser trois euros ou trente. Voilà probablement l’un des petits flottements qui accompagnent les premiers jours en Égypte. La monnaie locale affiche des chiffres auxquels un voyageur européen n’est guère habitué, le taux de change bouge et les billets passent de main en main à une allure qui finit parfois par les rendre méconnaissables.

La monnaie officielle est la livre égyptienne, désignée par le code international EGP. Vous croiserez aussi les abréviations LE, L.E. ou E£ sur certains menus, tarifs et affichages. Une livre se divise en 100 piastres. Dans la vie quotidienne, les sommes très faibles comptent toutefois beaucoup moins qu’autrefois, conséquence de la hausse générale des prix.

La Banque centrale d’Égypte recense des coupures de 1, 5, 10, 20, 50, 100 et 200 livres, auxquelles s’ajoutent certaines pièces et valeurs en piastres. Les billets de 10 et 20 livres existent désormais en version polymère, reconnaissable à son toucher plus lisse.

Ce détail paraît anecdotique avant le départ. Sur place, vous apprendrez pourtant assez rapidement à reconnaître un billet de 20 livres au fond d’une poche.

Combien vaut une livre égyptienne ?

Voilà la question qui vieillit le plus mal dans un guide de voyage.

Le taux de la livre égyptienne a connu des variations marquées au fil des dernières années. Il serait donc hasardeux de mémoriser longtemps à l’avance une équivalence du type « 100 livres = tant d’euros ». Vérifiez le cours peu avant votre départ puis une nouvelle fois en arrivant.

À titre de repère daté, la Banque centrale d’Égypte affichait le 12 août 2026 un taux moyen de marché situé autour de 57,86 à 58,06 EGP pour un euro. Autrement dit, 1 euro valait alors approximativement 58 livres égyptiennes. Ce chiffre sert à comprendre les ordres de grandeur, pas à prévoir exactement ce que votre banque ou un bureau de change vous accordera.

Une petite gymnastique mentale aide. Si votre voyage se déroule avec un euro proche de 58 EGP, 100 livres correspondent à environ 1,70 euro, 500 livres à quelque 8,60 euros et 1 000 livres à environ 17 euros. Vous finirez probablement par calculer de tête en arrondissant. Personne n’a envie de sortir une calculatrice au milieu d’un souk pour savoir si un foulard proposé à 350 livres dépasse son budget.

Pour une vue d’ensemble pour les voyageurs, retenez surtout que le taux affiché par la Banque centrale constitue un repère et que le montant réellement débité dépend ensuite du mode de paiement, des commissions de votre établissement bancaire et parfois du taux appliqué au terminal ou au distributeur. Les réseaux de cartes proposent d’ailleurs leurs propres convertisseurs pour estimer le cours associé à une transaction internationale.

En Égypte, les espèces ont encore une vraie utilité

Un séjour uniquement réglé par carte risque de devenir agaçant.

Dans les grands hôtels, les établissements touristiques structurés, certaines boutiques des centres commerciaux et nombre de restaurants urbains, le paiement par carte est banal. Quelques mètres plus loin, vous pouvez tomber sur un petit commerce, un chauffeur ou un vendeur qui attend des espèces.

C’est ce contraste qui surprend. Votre carte peut payer une chambre d’hôtel assez chère, puis devenir inutile pour acheter une bouteille d’eau dans une échoppe voisine.

Les espèces servent notamment aux petits achats, aux pourboires, à certaines courses locales et aux dépenses réalisées dans les commerces modestes. La question n’est donc guère « carte ou liquide ? ». Le duo fonctionne mieux : carte pour les dépenses élevées lorsqu’elle est acceptée, livres égyptiennes dans le portefeuille pour le quotidien.

Et gardez des petites coupures. Le conseil paraît presque trop banal pour mériter une ligne, jusqu’au moment où vous tendez 200 livres pour régler une somme minuscule et où personne autour de vous ne possède la monnaie nécessaire.

Un portefeuille rempli uniquement de billets de 100 et 200 EGP vous donnera parfois l’impression d’être riche et sans le sou en même temps.

Les petites coupures valent de l’or dans la vie quotidienne

Vous pouvez très bien retirer quelques milliers de livres et découvrir que votre véritable problème concerne la taille des billets.

Les coupures de 10, 20 et 50 EGP sont pratiques pour les petites dépenses. Dès que vous en récupérez, évitez de toutes les dépenser dans un même endroit. Répartissez-les entre votre portefeuille et une petite pochette dédiée aux dépenses de la journée.

Les billets de 100 et 200 EGP conviennent davantage aux additions supérieures, aux restaurants ou aux achats plus conséquents.

Je trouve d’ailleurs que c’est l’un des apprentissages les plus rapides d’un voyage en Égypte : au bout de quelques jours, on regarde moins la somme totale contenue dans son portefeuille que la répartition des coupures. Trois billets de 200 livres n’ont parfois aucune utilité immédiate face à une dépense de 15 ou 20 livres.

Où changer vos euros en Égypte ?

Changer toute votre enveloppe de vacances avant de quitter l’Europe n’a guère de sens. Le cours varie et vous pouvez trouver sur place des banques, des bureaux de change et des distributeurs automatiques.

Évitez surtout les échanges improvisés avec des personnes qui vous abordent dans la rue. Même si le taux annoncé semble séduisant, vous vous exposez à des billets douteux, à des comptes volontairement confus ou à une transaction dont vous maîtrisez mal les conditions.

Avant d’accepter une opération, regardez le cours proposé et demandez combien de livres vous recevrez exactement. Le calcul doit être clair avant de remettre vos euros.

Autre réflexe : comptez les billets devant le guichet. Pas dix minutes après.

Vous n’avez aucune raison de transformer cela en scène de méfiance spectaculaire. Un comptage tranquille suffit.

Retirer des livres égyptiennes au distributeur

Les distributeurs constituent l’une des façons les plus simples d’obtenir de la monnaie locale au fil du séjour. Visa et Mastercard disposent tous deux de réseaux internationaux permettant de localiser les DAB compatibles avec leurs cartes.

Les zones touristiques et les grandes villes en comptent généralement de nombreux. Dès que votre itinéraire vous éloigne des secteurs urbains ou des grands complexes touristiques, mieux vaut disposer d’une réserve raisonnable.

Avant de partir, regardez la grille tarifaire de votre banque. Deux types de frais peuvent s’additionner : ceux appliqués par votre établissement pour un retrait hors zone euro et ceux éventuellement facturés localement par le distributeur.

Un retrait plus conséquent peut alors coûter moins cher que quatre retraits minuscules. Il n’est pas nécessaire pour autant de circuler avec une grosse liasse dans une poche facilement accessible.

Une méthode assez confortable consiste à retirer de quoi couvrir plusieurs journées, puis à répartir la somme entre différents endroits sûrs.

Le piège du paiement dans votre propre devise

Un terminal de paiement ou un distributeur peut parfois vous proposer de débiter directement la somme en euros plutôt qu’en livres égyptiennes.

L’écran donne alors une impression rassurante : le montant apparaît dans une devise familière. Pourtant, cette conversion peut intégrer un cours moins favorable que celui de votre réseau bancaire.

Lorsque vous avez le choix, sélectionnez généralement le paiement dans la devise locale, l’EGP, puis laissez votre banque ou le réseau de votre carte effectuer la conversion. Visa fournit d’ailleurs un calculateur destiné à donner une indication du taux susceptible d’être appliqué lors d’un paiement international.

Une seconde ou deux devant l’écran suffisent. Il faut simplement lire avant d’appuyer mécaniquement sur le premier bouton proposé.

Quelques réflexes qui évitent les petites galères

Voici la courte liste que je garderais réellement avant un départ :

  • vérifiez les frais de retrait et de paiement hors zone euro prévus par votre banque ;
  • emportez deux moyens de paiement si vous en possédez, idéalement rangés séparément ;
  • conservez chaque fois que possible plusieurs billets de 10, 20 et 50 EGP ;
  • choisissez la livre égyptienne lorsqu’un terminal vous demande dans quelle devise effectuer la transaction ;
  • contrôlez le taux du moment quelques jours avant le départ plutôt que d’apprendre une conversion plusieurs mois à l’avance.

Visa conseille également aux voyageurs de ne pas transporter inutilement de grandes quantités de liquide et rappelle que les retraits internationaux constituent une façon courante d’obtenir des espèces au fur et à mesure des besoins.

Faut-il emporter des euros ou des dollars ?

Les deux monnaies étrangères sont connues en Égypte, notamment dans l’univers touristique. Pour un voyageur venant de France ou d’un autre pays de la zone euro, acheter des dollars avant le départ uniquement pour les reconvertir ensuite en livres ajoute une conversion qui n’apporte généralement rien.

Des euros en réserve peuvent servir si votre carte rencontre un problème ou si vous souhaitez effectuer un change sur place.

Pour vos dépenses quotidiennes, la livre égyptienne demeure la référence. Quand un tarif touristique est annoncé dans une monnaie étrangère, demandez au besoin son équivalent en EGP et regardez le cours utilisé.

Les prix exprimés oralement peuvent devenir source de malentendus. Un simple « pounds » mérite parfois une précision : Egyptian pounds? British pounds? Dans les endroits très touristiques, mieux vaut poser la question avant de sortir le portefeuille.

Les pourboires et le fameux « bakchich »

Vous entendrez rapidement parler du bakchich. Le mot recouvre plusieurs réalités, allant du pourboire laissé après un service à de petites gratifications demandées dans certaines situations.

Les petites coupures prennent ici tout leur sens.

Si vous souhaitez donner une somme modeste et que vous ne disposez que d’un billet de 200 EGP, le geste devient soudain disproportionné. Préparez donc quelques billets accessibles sans ouvrir devant tout le monde la poche où se trouve l’ensemble de votre argent.

Le montant dépend du contexte, du service rendu et de votre appréciation. Évitez de considérer chaque demande comme une obligation automatique. Donner un pourboire relève aussi de votre jugement.

Il arrive qu’une personne tende la main après un geste que vous n’aviez pas sollicité. La première fois, cela déroute. Après quelques jours, vous apprenez à répondre simplement, sans transformer chaque échange en négociation.

Combien d’argent liquide prévoir par jour ?

Il n’existe pas de chiffre universel.

Votre besoin en espèces dépend largement de votre manière de voyager. Un séjour dans un resort à Hurghada avec repas inclus sollicite beaucoup moins le portefeuille qu’une semaine où vous alternez taxis, restaurants locaux, marchés et petites boutiques.

Prenez plutôt votre budget journalier et séparez mentalement les dépenses susceptibles d’être payées par carte de celles qui réclameront du liquide.

Vous pourrez alors ajuster vos retraits tous les deux ou trois jours.

Ce fonctionnement évite de débarquer avec l’équivalent de tout votre budget vacances en billets tout en conservant assez de marge pour une journée où la carte passe mal.

Décembre, haute saison et argent de poche

Un voyage en Égypte en décembre coïncide avec une période très appréciée pour visiter le pays, notamment parce que les températures sont plus clémentes qu’au cœur de l’été. Votre gestion de l’argent ne demande pas une méthode différente, mais l’affluence touristique peut vous conduire vers davantage d’excursions, de visites guidées, de transports et de petites dépenses successives.

Dans ce contexte, les billets modestes fondent étonnamment rapidement.

Un café ici, un pourboire là, quelques bouteilles d’eau, un trajet, une petite entrée, et le portefeuille que vous pensiez correctement garni le matin semble déjà maigre en milieu d’après-midi.

Regardez donc votre stock de petites coupures avant de quitter l’hôtel, plutôt que le montant global de votre argent liquide.

Combien de livres égyptiennes peut-on transporter à la frontière ?

Cette question mérite une vérification juste avant votre départ, car les règles douanières peuvent évoluer.

À la date de rédaction de cet article, les conseils officiels britanniques indiquent qu’un voyageur peut entrer en Égypte ou en sortir avec jusqu’à 5 000 EGP. Pour les devises étrangères, les sommes supérieures à l’équivalent de 10 000 dollars américains doivent être déclarées à l’arrivée.

Voilà une bonne raison supplémentaire de ne pas accumuler une montagne de livres avant le voyage.

Si vous terminez votre séjour avec quelques billets, dépensez-les pour vos derniers repas, transferts ou achats, ou renseignez-vous sur leur reconversion avant de passer les contrôles.

Reconnaître les billets sans passer dix minutes à les examiner

Les billets égyptiens ont une apparence très différente des euros. Les inscriptions arabes peuvent, au début, ralentir la lecture de leur valeur.

Prenez cinq minutes après votre premier retrait pour regarder tranquillement chaque coupure. Classez-les par valeur. La manipulation fait le travail : deux jours plus tard, vous les identifierez presque au toucher.

La Banque centrale présente les coupures officielles sur son site, avec des valeurs allant notamment de 1 à 200 EGP. Les billets de 10 et 20 livres en polymère peuvent côtoyer d’autres coupures en papier, ce qui explique les différences de texture.

Ne vous étonnez pas non plus de recevoir un billet très usé. L’état visuel d’une coupure en circulation peut être assez éloigné de celui d’un billet fraîchement retiré.

FAQ

Quelle monnaie utilise-t-on en Égypte ?

La monnaie officielle est la livre égyptienne, dont le code international est EGP. Vous pouvez également voir les notations LE, L.E. ou E£. Une livre équivaut à 100 piastres.

Quel était le taux euro-livre égyptienne en août 2026 ?

Le 12 août 2026, la Banque centrale d’Égypte indiquait un taux moyen de marché proche de 58 EGP pour 1 euro. Vérifiez toujours le cours à la date de votre séjour : cette parité peut évoluer sensiblement.

Peut-on payer en euros en Égypte ?

Certains professionnels du tourisme peuvent accepter des euros ou afficher des tarifs dans une devise étrangère. Pour les dépenses courantes, payer en livres égyptiennes évite bien des calculs et limite les discussions autour du cours retenu par le vendeur.

Peut-on payer partout par carte bancaire ?

Non. Les cartes sont courantes dans les hôtels, de nombreux restaurants, centres commerciaux et établissements touristiques structurés, tandis que les petites dépenses locales réclament fréquemment du liquide. Prévoyez donc les deux.

Vaut-il mieux changer son argent ou retirer au distributeur ?

Les deux méthodes fonctionnent. Le meilleur choix dépend des commissions de votre banque, du cours proposé par le bureau de change et des éventuels frais du distributeur. Comparez ces éléments plutôt que de vous fier uniquement au taux affiché.

Faut-il choisir euros ou livres sur un terminal de paiement ?

Lorsque le terminal vous propose une conversion en euros, choisissez généralement la facturation en livres égyptiennes. Votre réseau bancaire effectuera ensuite la conversion selon ses propres conditions. Les convertisseurs officiels Visa et Mastercard peuvent vous aider à estimer le taux correspondant à une transaction internationale.

Quelles coupures sont les plus pratiques ?

Les billets de 10, 20 et 50 EGP sont très commodes pour les petits achats et les pourboires. Les coupures de 100 et 200 EGP conviennent mieux aux montants supérieurs. Lorsque vous récupérez de la petite monnaie, gardez-en une partie pour les dépenses suivantes.

Puis-je apporter beaucoup de livres égyptiennes depuis l’étranger ?

Les règles de transport d’espèces doivent être contrôlées avant chaque voyage. Selon les informations officielles britanniques consultées en août 2026, la limite indiquée pour l’entrée ou la sortie du territoire est de 5 000 livres égyptiennes.

Dois-je acheter des dollars avant de partir en Égypte ?

Pour un voyageur disposant déjà d’euros, acheter des dollars uniquement afin de les convertir ensuite en EGP ajoute une opération de change. Emporter quelques euros en secours et retirer ou changer progressivement des livres égyptiennes est généralement plus simple.

Que faire des livres égyptiennes à la fin du séjour ?

Essayez d’écouler progressivement vos petites coupures lors des derniers jours : repas, boissons, pourboires ou achats de dernière minute s’y prêtent bien. Si vous avez conservé une somme plus élevée, renseignez-vous auprès d’une banque ou d’un bureau de change sur les possibilités de reconversion et gardez vos justificatifs de change lorsqu’ils vous sont remis.

Michaëla

Article de Michaëla

Passionnée de nature, de découvertes et de grands espaces, je parcours la France et le monde avec Vincent à la recherche de lieux qui méritent le détour. J'aime partager des conseils pratiques, des itinéraires, des idées de visites et des bonnes adresses pour vous aider à préparer vos prochaines escapades.