Les Vosges ne se visitent pas en comptant les kilomètres comme des perles sur un boulier. Ici, une courte route peut prendre une heure, non parce qu’elle serpente beaucoup, mais parce que chaque virage donne envie de s’arrêter. Un lac surgit entre les sapins, une cascade gronde derrière un talus, une ferme-auberge promet une tarte aux brimbelles… Votre programme apprend alors la souplesse.
Cinq jours offrent une belle durée pour découvrir plusieurs visages du département : le patrimoine d’Épinal, les lacs autour de Gérardmer, les panoramas des crêtes, les vallées de La Bresse et le thermalisme de l’ouest vosgien. Je vous propose un parcours progressif, avec des journées denses mais respirables. L’idée n’est pas de collectionner les sites. Vous êtes là pour marcher, regarder, goûter et, de temps en temps, ne rien faire pendant vingt minutes. C’est aussi une activité de vacances, même si aucune application ne la comptabilise.
L’essentiel
- Commencez par Épinal, puis gagnez Gérardmer pour limiter les longs trajets.
- Consacrez deux nuits au secteur de Gérardmer ou de Xonrupt-Longemer.
- Réservez une journée entière à la route des Crêtes et au Hohneck.
- Prévoyez des chaussures adaptées, une veste imperméable et une couche chaude, même en été.
- Vérifiez la météo des sommets le matin du départ : elle diffère souvent de celle des vallées.
- Terminez le circuit par Remiremont et Vittel pour mêler patrimoine et détente.
- Comptez environ 250 à 320 kilomètres de conduite sur l’ensemble du séjour, selon vos détours.
Jour 1 : Épinal, première rencontre avec les Vosges
Épinal forme un bon point de départ, surtout si vous arrivez par Nancy, Metz ou l’Alsace. La ville donne une première lecture du territoire sans vous jeter immédiatement dans une randonnée de six heures. Après le voyage, vos mollets apprécieront cette délicatesse.
Commencez par le centre historique. La place des Vosges, bordée de façades anciennes et de terrasses, invite à une première pause. Poursuivez vers le quartier du Chapitre, puis montez jusqu’au parc du château. Des vestiges dominent la ville et la vallée de la Moselle. La promenade se fait facilement, même si la pente rappelle gentiment que le relief vosgien approche.
L’Imagerie d’Épinal mérite ensuite une visite. Les célèbres images populaires ont marqué plusieurs générations avec leurs scènes colorées, leurs histoires morales et leurs jeux d’observation. Le lieu raconte les techniques d’impression ainsi qu’une page singulière de la culture française. Comptez environ deux heures si vous aimez examiner les détails.
En fin d’après-midi, rejoignez Gérardmer, située à une quarantaine de kilomètres. La route traverse peu à peu un décor plus boisé. Installez-vous pour deux nuits dans la ville ou à Xonrupt-Longemer. Gérardmer offre davantage de restaurants et de commerces, tandis que Xonrupt propose une atmosphère plus calme, proche des sentiers.
Pour le dîner, cherchez une table servant des produits régionaux : munster, viande fumée, pommes de terre, truite ou tarte aux brimbelles. La tofaille, plat généreux composé notamment de pommes de terre, d’oignons et de lard, ne possède pas vraiment le tempérament d’une salade légère. Après une journée de route, personne ne lui en voudra.
Jour 2 : Gérardmer et la vallée des Lacs
Le deuxième jour commence au bord du lac de Gérardmer. Avec sa promenade aménagée, ses activités nautiques et ses rives boisées, ce vaste plan d’eau glaciaire résume assez bien l’esprit de la destination. Partez tôt pour profiter d’une lumière douce et d’une fréquentation plus calme.
Vous pouvez effectuer le tour du lac à pied, mais la boucle complète demande plusieurs heures. Une promenade sur la rive proche de la ville suffit si vous souhaitez garder du temps pour la suite. Aux beaux jours, pédalo, canoë et bateau électrique ajoutent une parenthèse aquatique. La baignade dépend des zones autorisées et des conditions locales : consultez les indications affichées sur place.
Prenez ensuite la direction de Xonrupt-Longemer. Le lac de Longemer, naturel et d’origine glaciaire, possède des berges plus sauvages. Sa boucle pédestre mesure environ 5 kilomètres et présente peu de dénivelé. Elle convient donc aux marcheurs occasionnels et aux familles. La baignade n’y est pas surveillée : la prudence s’impose, surtout avec de jeunes enfants.
Un peu plus haut, le lac de Retournemer offre un décor plus intime. Entouré de forêt, il se découvre à pied dans le respect des restrictions locales. Les activités nautiques n’y ont pas leur place. Ce calme lui donne une allure de refuge, comme si la montagne avait rangé là un miroir qu’elle ne prêtait à personne.
L’après-midi peut se poursuivre à la cascade de Mérelle, accessible par une petite marche en forêt, ou à l’observatoire voisin. Les sentiers humides deviennent glissants après la pluie ; choisissez des chaussures dont la semelle possède une vraie accroche. Les baskets urbaines très blanches sont charmantes en terrasse, beaucoup moins sur une racine détrempée.
Ce secteur convient bien aux vacances dans les Vosges en famille : les distances entre les sites sont courtes, les promenades peuvent être ajustées et les lacs fournissent des pauses bienvenues entre deux découvertes. Avec des enfants, je vous conseille de choisir une grande marche plutôt que trois sorties successives. La forêt ne distribue aucune médaille aux programmes surchargés.
Jour 3 : la route des Crêtes et le Hohneck
Cette journée dépend beaucoup de la météo. Si les sommets sont dégagés, partez tôt vers le col de la Schlucht. En hiver, la route des Crêtes ferme sur plusieurs portions en raison de la neige. Au printemps et en automne, brouillard, vent et chaussée humide réclament aussi une vérification avant le départ.
Depuis le col, plusieurs promenades rejoignent les hautes chaumes. Le Hohneck, qui atteint 1 363 mètres, figure parmi les sommets majeurs du massif. Vous pouvez approcher son sommet en voiture puis marcher sur les itinéraires balisés, ou entreprendre une randonnée plus longue depuis un col voisin. Par temps clair, la vue embrasse les crêtes, les vallées alsaciennes et parfois les Alpes.
Le sentier des Roches part également du secteur de la Schlucht. Ce parcours spectaculaire comporte des passages étroits, des escaliers rocheux et des sections équipées. Il s’adresse aux randonneurs habitués au vide et aux terrains techniques. Son accès est saisonnier, généralement de mai à novembre, selon les conditions. Je le déconseille avec de très jeunes enfants, par forte pluie ou si vous souffrez du vertige. Une randonnée panoramique sur les chaumes donnera déjà une magnifique journée.
À midi, arrêtez-vous dans une ferme-auberge. Le repas marcaire suit souvent une tradition roborative : tourte, viande fumée, pommes de terre et dessert aux fruits de montagne. Réservez en haute saison et renseignez-vous sur les jours d’ouverture. Ces établissements ne fonctionnent pas tous quotidiennement.
Reprenez ensuite la route des Crêtes vers le sud, en multipliant les arrêts raisonnés. Le Kastelberg, le Rothenbachkopf ou le Markstein offrent de beaux points de vue selon le tracé retenu. Inutile de vous arrêter tous les deux kilomètres. Sélectionnez deux belvédères et une promenade : vous garderez davantage de temps pour les contempler.
Descendez en fin de journée vers La Bresse, où vous passerez la nuit. Cette organisation évite de refaire le chemin inverse jusqu’à Gérardmer et prépare la quatrième étape.
Jour 4 : La Bresse, les cascades et Remiremont
La Bresse est entourée de forêts, de sommets et de lacs d’altitude. Commencez par le lac de Lispach, connu pour sa tourbière. Un parcours aménagé permet d’observer ce milieu fragile sans le piétiner. Les panneaux expliquent la formation de la tourbière, sa végétation et son rôle dans l’équilibre local. Le tour ne demande pas une condition sportive remarquable, mais certains passages peuvent être boueux.
Si vous préférez une ambiance plus forestière, dirigez-vous vers le lac de Blanchemer. La route d’accès et les conditions de stationnement peuvent varier selon la saison. Marchez sur les chemins balisés et ne coupez pas à travers les zones sensibles. Dans les Vosges, un raccourci improvisé se transforme volontiers en détour humide.
Rejoignez ensuite les cascades de Tendon. La Grande Cascade, haute d’une trentaine de mètres, compte parmi les chutes d’eau les plus connues du département. Son débit change avec les pluies : puissant au printemps, plus léger après une période sèche. Le site attire beaucoup de visiteurs. Une arrivée avant le milieu de l’après-midi facilite généralement le stationnement, sous réserve des aménagements ou restrictions en vigueur.
Poursuivez vers Remiremont. Cette ville possède un centre agréable, marqué par son ancienne abbaye et par les maisons à arcades de la rue Charles-de-Gaulle. Après les sentiers, une flânerie urbaine procure un changement de rythme bienvenu. Prenez le temps de vous installer en terrasse ou de choisir quelques produits locaux.
Vous pouvez dormir à Remiremont ou poursuivre jusqu’à Vittel si vous préférez commencer la dernière journée sans trajet. Je privilégie Remiremont pour conserver une soirée paisible et éviter une arrivée tardive. Vittel se rejoint le lendemain en environ une heure et quart, selon la circulation et l’itinéraire.
Jour 5 : Vittel et la douceur thermale
Après les lacs et les sommets, la dernière étape vous conduit vers les Vosges thermales. Le paysage s’adoucit peu à peu autour de Vittel. La ville est connue pour son eau minérale, son patrimoine lié aux cures et son vaste parc thermal.
Commencez par une promenade dans le parc. Les galeries, les bâtiments historiques et les grands espaces arborés racontent le développement du thermalisme aux XIXe et XXe siècles. L’ambiance contraste avec les hautes chaumes de la veille : ici, le voyage ralentit franchement.
Selon la saison et les prestations disponibles, réservez un soin, un accès à un espace de détente ou une activité liée au bien-être. Vérifiez les horaires plusieurs jours auparavant, car certains services fonctionnent sur réservation. Si cette étape vous donne envie de prolonger l’expérience, un week-end bien-être dans les Vosges associe facilement marche douce, soins et bonnes tables.
Avant de repartir, vous pouvez faire un détour par Contrexéville, voisine de Vittel. Son parc thermal prolonge cette atmosphère paisible. Les deux stations se combinent sans remplir la journée de trajets. C’est une fin de circuit judicieuse : vos jambes récupèrent tandis que votre appareil photo, lui, réclame probablement une batterie neuve.
Le parcours en un coup d’œil
| Jour | Secteur principal | Programme conseillé | Nuit |
|---|---|---|---|
| 1 | Épinal | Centre ancien, parc du château, Imagerie | Gérardmer |
| 2 | Vallée des Lacs | Gérardmer, Longemer, Retournemer | Gérardmer |
| 3 | Crêtes vosgiennes | Col de la Schlucht, Hohneck, ferme-auberge | La Bresse |
| 4 | Vallée de la Moselotte | La Bresse, cascade de Tendon, Remiremont | Remiremont |
| 5 | Vosges thermales | Vittel et son parc thermal | Vittel ou départ |
Bien organiser vos cinq jours
La voiture demeure le moyen le plus souple pour suivre cet itinéraire. Les transports collectifs desservent plusieurs villes, mais les lacs, cols et départs de randonnée sont plus compliqués à relier. En été, des navettes touristiques circulent parfois vers les crêtes. Leurs dates, arrêts et fréquences changent : consultez le programme de la saison avant votre séjour.
Réservez vos hébergements assez tôt pour juillet, août, les week-ends d’automne et la période des marchés de Noël. Deux points de chute suffisent : Gérardmer pour les deux premières nuits, puis La Bresse ou Remiremont. Une dernière nuit à Vittel dépendra de votre heure de départ.
Votre sac de journée devrait contenir :
- une veste imperméable et coupe-vent ;
- une couche chaude, même lorsque la vallée annonce une température douce ;
- de l’eau et une collation ;
- une carte hors ligne ou une carte papier ;
- une petite trousse de premiers soins ;
- une protection solaire ;
- un sac pour rapporter vos déchets.
Le balisage du Club vosgien utilise des signes géométriques colorés. Regardez le symbole complet, pas uniquement sa couleur, car plusieurs itinéraires peuvent partager une même portion. Téléchargez vos cartes avant de partir : le réseau téléphonique joue parfois à cache-cache dans les vallées.
Côté budget, les promenades naturelles sont souvent gratuites. Les dépenses principales concernent l’hébergement, le carburant, les repas, les musées, les activités nautiques et les soins thermaux. Prévoyez aussi quelques pièces pour les stationnements payants ou les petites dépenses dans les fermes-auberges.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure saison pour visiter les Vosges en cinq jours ?
De juin à septembre, les journées longues facilitent les randonnées et les activités autour des lacs. Septembre et octobre offrent de superbes couleurs, avec des matinées plus fraîches. En hiver, l’itinéraire doit être revu : plusieurs routes d’altitude ferment et les déplacements dépendent de l’enneigement.
Peut-on suivre cet itinéraire avec des enfants ?
Oui, en adaptant les marches. Le tour du lac de Longemer, le lac de Lispach, les parcs d’Épinal et de Vittel conviennent bien à un séjour familial. Écartez le sentier des Roches avec de jeunes enfants et choisissez une promenade courte sur les crêtes.
Faut-il changer d’hôtel chaque soir ?
Non. Deux ou trois hébergements suffisent. Passez deux nuits près de Gérardmer, une nuit à La Bresse ou Remiremont, puis éventuellement une dernière à Vittel. Vous gagnerez du temps et vous éviterez le rituel quotidien de la valise qui refuse de fermer.
La route des Crêtes est-elle ouverte toute l’année ?
Non. Plusieurs sections ferment durant la période hivernale. La réouverture dépend de la neige et des conditions de sécurité. Vérifiez l’état des routes juste avant votre déplacement.
Peut-on visiter les Vosges sans faire de longues randonnées ?
Oui. De nombreux lacs, belvédères, cascades et centres historiques sont accessibles après une marche courte. Épinal, Gérardmer, Remiremont et Vittel offrent aussi des visites culturelles, des promenades urbaines et des activités abritées.
Où goûter les spécialités vosgiennes ?
Les fermes-auberges des crêtes, les restaurants de Gérardmer et les tables de La Bresse proposent souvent des plats régionaux. Cherchez notamment la tofaille, les fumaisons, le munster, les bonbons au sapin et les desserts aux brimbelles. Pensez à réserver pour le déjeuner sur les crêtes.
Que faire si la météo se dégrade ?
Remplacez la journée d’altitude par l’Imagerie d’Épinal, une visite patrimoniale à Remiremont, une activité couverte à Gérardmer ou un moment thermal à Vittel. Gardez la route des Crêtes pour la journée offrant la meilleure visibilité : dans le brouillard, le panorama possède beaucoup de poésie, mais assez peu de panorama.