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Visiter les lacs italiens en 5 jours : itinéraire et conseils pratiques

Les lacs italiens ont ce talent agaçant : chacun donne envie d’annuler la suite du voyage. À Sirmione, vous voudrez prolonger l’apéritif face au lac de Garde. À Bellagio, une ruelle fleurie vous fera oublier l’heure du bateau. À Orta San Giulio, vous envisagerez probablement une reconversion immédiate en propriétaire de barque.

Cinq jours suffisent pourtant pour découvrir plusieurs grands lacs du nord de l’Italie, à condition de suivre un trajet cohérent. Je vous propose un circuit de Vérone à Milan, avec quatre étapes : le lac de Garde, le lac de Côme, le lac Majeur et le lac d’Orta. Le rythme demeure soutenu, mais vous aurez le temps de marcher, de naviguer et de déjeuner autrement que sur le capot de la voiture.

Le circuit en un coup d’œil

JourProgrammeNuit conseilléeRoute indicative
1Sirmione et Desenzano del GardaSud du lac de GardeVérone–Sirmione : environ 40 km
2Route vers le lac de Côme, Lenno et TremezzinaTremezzina ou MenaggioEnviron 170 km
3Bellagio, Varenna et Menaggio en bateauTremezzina ou MenaggioVoiture laissée au parking
4Stresa et les îles BorroméesStresaEnviron 130 km
5Orta San Giulio, puis départ vers MilanStresa–Orta : environ 50 km

Les temps de route varient beaucoup selon la saison, les travaux et la circulation autour de Côme. Ajoutez toujours une marge, surtout le week-end. En Italie du Nord, quinze kilomètres peuvent parfois prendre le temps d’un petit opéra.

Jour 1 : Sirmione, porte d’entrée du lac de Garde

Depuis Vérone, rejoignez Sirmione dans la matinée. La vieille ville occupe une étroite péninsule qui avance dans les eaux du lac de Garde. Les voitures des visiteurs n’y circulent pas librement : garez-vous avant le centre historique et poursuivez à pied.

L’arrivée devant le château scaligère donne immédiatement le ton. Ses murailles crénelées, son petit port fortifié et ses passerelles semblent avoir été dessinés pour provoquer une légère surchauffe des appareils photo. Traversez ensuite les ruelles de Sirmione avant de longer le rivage jusqu’aux grottes de Catulle. Malgré leur nom, il ne s’agit pas de grottes, mais des vestiges d’une vaste villa romaine installée à l’extrémité de la péninsule.

Pour le déjeuner, écartez-vous de quelques mètres des rues les plus fréquentées. Une terrasse donnant directement sur une place célèbre facture souvent davantage le décor que l’assiette. Je préfère chercher une trattoria dans une rue latérale et réserver la vue panoramique à la promenade digestive.

Dans l’après-midi, gagnez Desenzano del Garda. Son port ancien, ses façades colorées et sa promenade lacustre offrent une ambiance moins théâtrale que Sirmione. Vous pouvez y passer la nuit ou choisir un hébergement dans les environs, avec parking privé. Ce détail vous épargnera une chasse à la place libre après le dîner.

Vue aérienne du château Scaligero dans la péninsule de Sirmione sur le lac de Garde

Jour 2 : du lac de Garde aux rives de Côme

Partez après le petit-déjeuner en direction du lac de Côme. Le trajet demande généralement entre deux heures trente et trois heures, davantage lorsque les abords de Milan se chargent. Ne programmez donc pas six visites pour l’après-midi. Les routes italiennes ont beaucoup de charme, mais aucune considération pour les plannings trop ambitieux.

Installez-vous pour deux nuits à Lenno, Tremezzo ou Menaggio. Cette zone procure un accès pratique aux embarcadères du centre du lac. Elle évite aussi de refaire les bagages dès le lendemain matin.

À Lenno, promenez-vous le long de la rive jusqu’à la péninsule de Lavedo. La villa del Balbianello occupe un promontoire couvert de jardins en terrasses. Selon la période, l’accès se fait à pied ou par bateau-taxi. Les créneaux de visite se remplissent rapidement pendant les beaux jours ; une réservation préalable vous évitera une déconvenue devant la grille.

Si vous préférez un programme moins cadré, suivez une portion de la Greenway du lac de Côme. Cet itinéraire pédestre traverse plusieurs villages, longe des villas anciennes et révèle des perspectives que l’on ne voit pas depuis la route. Vous choisirez librement la longueur de votre balade, puis reviendrez en bateau ou en bus selon les horaires disponibles.

Ce circuit privilégie les villages, le patrimoine et les promenades au bord de l’eau. Si vous souhaitez ajouter de la randonnée alpine, du vélo ou des activités plus sportives, découvrez mes idées de séjours aventure en Italie. Dans un voyage de cinq jours, je vous conseille toutefois de choisir une seule activité longue : le lac n’apprécie guère qu’on le traite comme une liste de courses.

Jour 3 : Bellagio, Varenna et Menaggio sans voiture

Laissez votre véhicule au parking et consacrez la journée aux bateaux. Au centre du lac de Côme, Bellagio, Varenna et Menaggio forment un triangle facile à parcourir grâce aux traversées régulières. Les fréquences changent selon la saison : consultez les horaires la veille et repérez le dernier départ vers votre hébergement. Dormir sur un banc d’embarcadère possède certes un parfum d’aventure, mais le dossier manque de moelleux.

Commencez par Bellagio avant l’arrivée des excursions les plus nombreuses. Montez les escaliers de Salita Serbelloni, observez les façades, puis marchez vers la pointe Spartivento. Le lac s’y divise en deux branches, avec les montagnes en arrière-plan. Pour une visite de jardin, choisissez la villa Melzi et son parc étiré au bord de l’eau.

Traversez ensuite vers Varenna. Ce village adossé à la montagne se découvre sans plan compliqué. La passerelle au bord du lac mène au petit port, puis les ruelles grimpent vers le centre. Les personnes qui aiment marcher pourront monter jusqu’au château de Vezio. La pente réclame de bonnes chaussures ; les sandales lisses y perdent rapidement leur superbe.

Terminez par Menaggio, plus ouvert et moins escarpé. Sa promenade offre une pause agréable avant le retour. Si le temps vous oblige à réduire le programme, supprimez un village. Deux étapes savourées valent mieux que trois traversées accomplies le regard rivé sur la montre.

bateau navette sur le lac de Côme

Jour 4 : Stresa et les îles Borromées

Quittez le lac de Côme le matin pour rejoindre Stresa, sur la rive occidentale du lac Majeur. Demandez à votre GPS de privilégier un itinéraire italien. Certains trajets passent par la Suisse ; l’usage des autoroutes suisses obéit à un système de vignette distinct. Le raccourci apparent peut donc apporter une complication dont vous vous passeriez volontiers.

À Stresa, laissez les bagages à l’hôtel et partez vers les îles Borromées. Trois noms apparaissent généralement dans les programmes : Isola Bella, Isola Madre et Isola dei Pescatori. En une journée, je préfère en choisir deux.

Isola Bella attire pour son palais et ses jardins baroques aménagés en terrasses. Isola Madre possède une atmosphère plus végétale, avec un vaste jardin botanique. Isola dei Pescatori, seule île de l’archipel habitée toute l’année, convient bien pour déjeuner et flâner entre les maisons serrées.

Les billets des bateaux et ceux des palais sont distincts. Vérifiez ce qui figure dans chaque formule avant de payer. Plusieurs compagnies privées opèrent depuis les quais, tandis que le service public dessert également les îles. Comparez les horaires de retour et ne vous laissez pas guider uniquement par la personne qui parle le plus fort près de l’embarcadère.

En fin de journée, promenez-vous sur le lungolago de Stresa. Les grands hôtels, les jardins et la vue sur les îles composent un décor élégant, presque cinématographique. Une glace à la main, vous pourrez examiner votre compteur de pas avec le mélange de fierté et d’inquiétude réservé aux journées bien remplies.

Jour 5 : la douceur du lac d’Orta

Le lac d’Orta se trouve à environ une heure de Stresa. Plus petit que ses voisins, il offre une dernière journée paisible avant de rejoindre Milan ou l’aéroport de Malpensa. Garez-vous dans la partie haute d’Orta San Giulio, car le centre ancien se parcourt à pied.

Descendez vers la Piazza Motta par les rues pavées. La place s’ouvre sur le lac et sur l’île de San Giulio, accessible en quelques minutes de bateau. Sur l’île, une voie étroite en fait le tour entre demeures anciennes, murs de pierre et jardins clos. La promenade se savoure lentement ; inutile d’y chercher douze monuments majeurs.

De retour à Orta, montez vers le Sacro Monte. Ses chapelles consacrées à la vie de saint François d’Assise sont disséminées dans un parc boisé dominant le lac. Le lieu mêle architecture, sculpture et panorama, loin de l’agitation des étapes les plus célèbres.

Prévoyez un départ d’Orta en milieu d’après-midi si vous devez rendre une voiture à Malpensa. Ajoutez une marge pour faire le plein, trouver l’agence et comprendre le système de restitution. Une fin de voyage sereine vaut largement une dernière assiette de pâtes engloutie en surveillant l’heure.

Vue aérienne de l'île de San Giulio sur le lac d'Orta

Comment organiser les déplacements ?

Une voiture facilite les transferts entre les différents lacs. Elle devient en revanche encombrante dans les centres anciens et le long des rives les plus étroites. Autour du lac de Côme, les bateaux vous feront gagner du confort et vous offriront de bien meilleures vues qu’un pare-chocs dans un embouteillage.

Méfiez-vous des zones à trafic limité, signalées par les lettres ZTL. Des caméras lisent les plaques à l’entrée de nombreux centres historiques. Votre GPS peut vous proposer une rue interdite sans le moindre remords. Observez toujours les panneaux, même si l’écran vous ordonne de tourner avec une autorité militaire.

Pour le stationnement, les places bleues sont généralement payantes, les blanches gratuites et les jaunes réservées à certaines catégories d’usagers. La signalisation locale prévaut. Gardez quelques pièces, même si les paiements par carte et les applications sont courants dans les secteurs touristiques.

Budget, bagages et période de départ

Le printemps et le début de l’automne procurent souvent un bon équilibre entre douceur, fréquentation et disponibilité des hébergements. En plein été, réservez tôt et commencez vos journées avant 9 heures. Les villages retrouvent une atmosphère plus agréable lorsque les groupes ne sont pas encore descendus des autocars.

Le budget dépend surtout du niveau des hôtels et du nombre de visites payantes. Ajoutez aux nuitées la location du véhicule, le carburant, les péages, les parkings, les bateaux et les entrées dans les villas. Pour réduire les dépenses, choisissez un hébergement légèrement en retrait du rivage et prenez certains repas dans des boulangeries, épiceries ou petits bars.

Voyagez léger. Une valise cabine ou un sac souple par personne suffit pour cinq jours. Glissez-y des chaussures capables d’affronter les pavés, un vêtement contre la pluie, une petite gourde, des lunettes de soleil et une tenue correcte pour les édifices religieux.

Quelques mots prononcés dans la langue du pays créent aussi des échanges plus chaleureux. Avant le départ, parcourez ce petit guide de l’italien pour les voyageurs. Savoir demander l’embarcadère, l’addition ou une place de parking vous sera plus utile qu’un vocabulaire consacré aux animaux de la ferme, pourtant très populaire dans les manuels scolaires.

Questions fréquentes

Peut-on visiter les lacs italiens sans voiture ?

Oui, mais le circuit devra être adapté. Le train dessert bien les principales villes, notamment Desenzano, Côme, Varenna et Stresa. Des bateaux et des bus prennent ensuite le relais. Le lac d’Orta demande davantage d’organisation. Sans voiture, je consacrerais les cinq jours aux lacs de Côme et Majeur afin de limiter les correspondances.

Faut-il réserver les bateaux avant le voyage ?

Les navettes publiques s’achètent souvent sur place, mais les règles varient selon la ligne et la saison. Arrivez en avance dans les ports très fréquentés. Pour certaines excursions privées ou visites combinées avec une villa, une réservation préalable offre davantage de choix.

Est-il réaliste de voir quatre lacs en cinq jours ?

Oui, avec une arrivée à Vérone, un départ depuis Milan et des étapes choisies avec discipline. Ce parcours donne un aperçu de quatre univers différents. Si vous aimez les matinées lentes et les longues baignades, retirez le lac de Garde ou le lac d’Orta et accordez une journée supplémentaire à Côme.

Où dormir autour du lac de Côme ?

Tremezzina, Lenno et Menaggio conviennent bien à cet itinéraire, car leurs embarcadères donnent accès au centre du lac. Côme propose davantage de restaurants et de liaisons ferroviaires, mais elle se trouve plus loin de Bellagio et de Varenna. Le choix dépend donc de votre mode de transport et de vos envies du soir.

Peut-on se baigner dans les lacs italiens ?

Oui, plusieurs plages et zones aménagées accueillent les baigneurs pendant la belle saison. L’accès à l’eau n’est toutefois pas possible partout, notamment près des ports et des propriétés privées. Suivez la signalisation locale et renseignez-vous sur les conditions du jour.

Que faire en cas de pluie ?

Visitez les palais, les villas, les églises et les petits musées, puis accordez davantage de place aux cafés et aux repas. Les traversées peuvent être modifiées lorsque la météo se dégrade. Gardez un programme souple et évitez de réserver chaque heure : même sous la pluie, les lacs italiens conservent un sérieux talent pour le décor.

Michaëla

Article de Michaëla

Passionnée de nature, de découvertes et de grands espaces, je parcours la France et le monde avec Vincent à la recherche de lieux qui méritent le détour. J'aime partager des conseils pratiques, des itinéraires, des idées de visites et des bonnes adresses pour vous aider à préparer vos prochaines escapades.

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