Je ne suis peut-être pas tout à fait objective, mais il faut bien l’avouer : Cadaqués m’a complètement conquise et, pour moi, c’est sans conteste le plus beau village de toute la Catalogne. Je n’irai pas jusqu’à l’exagération de Salvador Dalí, qui a proclamé Cadaqués plus beau village du monde, mais je peux affirmer qu’il s’agit de l’un des villages les plus charmants de Catalogne et, bien sûr, d’une étape incontournable lors de tout voyage dans la région. Après ma visite dans ce village, lors d’un road trip sur la Costa Brava, j’ai sélectionné pour vous les meilleures choses à voir et à faire à Cadaqués
Cadaqués regorge de lieux à découvrir. Cette de Catalogne ville a su préserver le charme de son passé maritime avec ses maisons blanchies à la chaux et ses ruelles bordées de fleurs et de plantes colorées. Flâner dans ses galeries d’art et ses charmantes boutiques est un vrai plaisir.
N’oublions pas que de grands artistes ont séjourné à Cadaqués au fil des siècles, mais c’est Dalí qui l’a fait connaître dans le monde entier. Il y a vécu une grande partie de sa vie avec son épouse Gala, dans sa maison de Portlligat (je vous en reparle plus loin). Lors de votre visite, vous croiserez sans doute de nombreuses références au génial peintre, notamment dans les boutiques de souvenirs.
1. La vieille ville et ses ruelles
Dans la vieille ville de Cadaqués, je crois que ce que j’ai préféré, c’est ne rien chercher de précis. Juste marcher. Monter, redescendre, tourner à gauche sans savoir où j’allais tomber. La vieille ville se découvre ainsi, sans plan trop rigide. Les ruelles sont étroites, parfois pentues, parfois faites entièrement de roche, et débouchent sur des trouées de lumière avec la mer en toile de fond.
Les maisons blanchies à la chaux accrochent le soleil. Ce blanc éclatant tranche avec les volets bleus, presque toujours d’un bleu profond, qui semble répondre à la Méditerranée toute proche. J’ai aussi été intriguée par les gouttières vertes en céramique, que l’on retrouve un peu partout. Elles attirent l’œil sans voler la vedette aux façades et participent à cette harmonie de couleurs très maîtrisée : blanc, bleu, vert, et parfois une porte en bois sombre pour casser l’ensemble.



Devant beaucoup de maisons, des pots débordent de plantes. Bougainvilliers, géraniums, cactus, petites succulentes alignées sur un muret… Rien ne paraît trop calculé, mais c’est beau. J’ai adoré ces seuils fleuris qui donnent envie de ralentir, de regarder les détails, d’imaginer la vie derrière les murs.
Et puis il y a les galeries d’art. Elles s’insèrent dans le tissu du village comme si elles avaient toujours été là. Certaines sont petites, presque confidentielles, avec quelques toiles accrochées dans une pièce blanche. D’autres exposent des artistes contemporains, des photographes, des céramistes. On entre par curiosité, on ressort avec l’impression d’avoir mieux compris le lien entre Cadaqués et la création artistique. Ici, l’art ne se limite pas à Dalí ; il se diffuse dans les vitrines et les ateliers.
Je vous conseille de lever les yeux. Au-dessus des portes, on aperçoit parfois des dates gravées, des balcons en fer forgé, des détails marins rappelant le passé de pêcheurs du village. Cadaqués ne se livre pas en un coup d’œil. Il se dévoile par fragments, au détour d’une marche usée, d’un chat assoupi sur un perron ou d’une fenêtre entrouverte laissant passer l’odeur du linge propre.


2. L’église Santa María
Tant que vous êtes dans cette zone, ne manquez pas d’entrer dans l’église Santa María, perchée au point culminant de la vieille ville. Sa terrasse offre une vue imprenable sur les toits rougeâtres et la mer Méditerranée non loin de là, parsemée de petites embarcations.
Cette église gothique du XVIe siècle présente une façade sobre, remarquable par son cadran solaire, et un intérieur abritant un magnifique retable dédié à Notre-Dame de l’Espérance.
À l’intérieur de Église Santa María de Cadaqués, j’ai été frappée par le contraste entre la sobriété extérieure et la richesse du chœur. Le retable baroque, tout en dorures et en détails sculptés, attire le regard. On sent le poids des siècles dans le bois travaillé, dans les bancs patinés, dans la pénombre qui enveloppe les chapelles latérales. Je suis restée un moment assise, à observer les visiteurs entrer, lever la tête pour observer l’orgue, puis ralentir naturellement le pas. Même sans être passionnée d’art sacré, on ressent ici quelque chose de fort : un mélange d’histoire, de silence et de lumière.





3. La promenade du front de mer
Depuis la vieille ville, descender pour flâner sur la promenade du front de mer de la Riba des Poal, en longeant les petites criques de galets et en admirant la vue sur Cadaqués depuis différents points de vue. En été, vous pourrez vous rafraîchir dans ses eaux cristallines, idéales pour le snorkeling.
Parmi mes endroits préférés, la Riba Pitxot offre un beau panorama sur la ville, et la Platja Gran (la plage principale) abrite une sculpture du célèbre Dalí et la terrasse du Casino, parfaite pour savourer un verre en profitant de la fraîcheur de la Tramuntana et de la vue sur la Méditerranée.



4. Les maisons modernistes
Après avoir profité du front de mer et de la vue sur la baie, allez vers la Plaça des Portitxó, toujours dans le quartier de Riba des Poal. Là, le décor change. Près des façades blanches traditionnelles, une maison attire l’attention : Casa Blaua, aussi appelée Casa de Don Octavio Serinyana. Construite au début du XXe siècle, elle affiche des lignes plus travaillées, des couleurs plus affirmées.
Les détails décoratifs, les céramiques, les ferronneries… tout évoque le modernisme catalan qui s’épanouissait à la même époque à Barcelone. On sent une envie d’affirmer une réussite sociale. Contrairement aux maisons blanches de la vieille ville, ici on revendique un style, une signature. Cela donne à Cadaqués une autre lecture, plus cosmopolite, moins exclusivement maritime.
La Casa Blaua n’est pas un cas isolé. L’école publique Caritat Serinyana, la maison Federico et Víctor Rahola sur la Plaça de Frederic Rahola ou encore la Casa Pont sur la Plaça del Passeig témoignent du même élan. Ces bâtiments ont été financés par des habitants partis faire fortune en Amérique avant de revenir s’installer ici. Cadaqués révèle ainsi plusieurs visages, et c’est ce mélange qui m’a tant plu.

5. Les musées et lieux culturels de Cadaqués
Non loin de de l’église Santa María, dans la vieille ville, se trouve Expo Dalí Cadaqués, un musée réparti sur trois étages. Il abrite une collection privée de plus de 300 œuvres graphiques originales de Salvador Dalí, principalement des gravures, lithographies et illustrations inspirées de grands textes littéraires comme La Divine Comédie ou Don Quichotte. Cela permet de découvrir un aspect moins connu du travail de Dalí, et de voir comment il a interprété, à sa façon, des récits universels.
Un peu plus loin, le Musée de Cadaqués est installé dans un bâtiment municipal et s’intéresse à l’art lié à la ville et à sa région. On y trouve des expositions temporaires variées, centrées sur les artistes qui ont vécu ou travaillé ici, et sur le lien entre ce paysage unique et leur création. Une section est consacrée à Dalí, avec des photos de lui et de Gala, mais aussi des œuvres et documents qui replacent l’artiste dans son contexte local. C’est une visite plus tranquille, moins centrée sur une seule figure, qui donne envie de mieux comprendre comment Cadaqués a inspiré tant de créateurs.
Enfin, pour comprendre l’environnement naturel qui rend cette côte si spéciale, l’Espai Cap de Creus est une halte intéressante. Installé dans les bâtiments historiques du phare du Cap de Creus, ce musée de vulgarisation scientifique raconte la formation géologique du parc naturel, la faune et la flore locales, et comment les forces de la mer, du vent et des roches ont façonné le paysage.

6. Le pont et l’île d’Es Sortell
En continuant à longer la côte vers le sud depuis le front de mer de Cadaqués, une petite surprise naturelle vous attend à la hauteur de la plage Es Sortell. En marchant, vous finissez par apercevoir un pont de pierre qui relie la plage à un petit îlot au charme dingue, l’île d’Es Sortell, un endroit souvent laissé de côté par les visiteurs, et c’est dommage car c’est LE spot pour prendre des photos de la ville.
Ce pont est l’un de ces petits détails qui marquent. En le traversant, on a cette sensation de quitter l’agitation du village pour un lieu où le bruit des vagues fait presque office de bande-son naturelle. L’eau y est si calme et limpide qu’elle donne l’impression d’un lac plutôt que de la Méditerranée.


Une fois sur l’îlot, un sentier ombragé conduit à un point de vue d’où on embrasse la baie de Cadaqués. J’ai adoré m’arrêter à cet endroit pour regarder les bateaux entrer et sortir. Si vous avez envie de prolonger ce moment, descendre entre les rochers jusqu’à la pointe vous offre une expérience plus intime avec la mer : marcher sur cette plateforme naturelle, admirer les formes sculptées par le temps et l’eau fait naître une vraie sensation de liberté.
Il faut vraiment s’avancer jusqu’à la pointe qui fait face au village. Là, quelques rochers aux formes étonnantes attirent le regard. J’ai d’abord cru à des sculptures installées ici par un artiste local. Mais non : ce sont bien les vents, les vagues et le sel qui ont façonné ces courbes inattendues.

7. La côte au nord et une partie du Camí de Ronda
La côte nord de Cadaqués offre une portion du célèbre Camí de Ronda, ce sentier qui longe la mer et relie de nombreuses criques, points de vue et plages hors des axes les plus touristiques
Le Camí de Ronda est une ancienne piste de douaniers utilisée au XIXᵉ siècle pour surveiller la côte et lutter contre la contrebande. Aujourd’hui, une partie de cet itinéraire se suit à pied depuis Cadaqués, permettant d’apercevoir la mer depuis des falaises, de passer devant de petites criques et de profiter de magnifiques panoramas sur les formes sculptées par le vent et l’eau. En marchant, on quitte peu à peu l’environnement urbain pour un paysage plus sauvage, rythmé par le pin et les roches.
Une étape agréable consiste à suivre le sentier jusqu’à la Platja de S’aranella, une belle crique qui offre une pause bienvenue. Le chemin est balisé et accessible à la plupart des marcheurs, sans qu’il soit nécessaire d’aller jusqu’au bout du tracé complet du GR-92 (le grand sentier de randonnée qui intègre le Camí de Ronda). Certaines portions sont un peu caillouteuses, mais elles valent l’effort : les panoramas sur la baie de Cadaqués et la côte escarpée sont pris sur le vif, loin des axes routiers.
Sur cette section nord, j’ai aimé regarder les couleurs changer à mesure que l’on progresse vers la mer ouverte. Le sentier passe par des points de vue naturels, invite à s’arrêter pour admirer un rocher aux formes étranges ou pour jeter un coup d’œil à une crique dont on devine les eaux translucides depuis les hauteurs. Que vous fassiez juste un aller-retour jusqu’à S’aranella ou un peu plus, cette promenade littorale est une façon et très agréable de prolonger la découverte de Cadaqués.

8. Les plages de Cadaqués et les criques environnantes
On peut admirer la mer à loisir… et bien sûr se baigner. À Cadaqués et dans ses environs, on compte pas moins de 26 plages et 11 criques. Entre les petites anses de galets nichées entre deux rochers et les plages plus larges à proximité du centre, il y a toujours un coin où poser sa serviette. La Platja Gran, au cœur du village, permet de piquer une tête avec vue directe sur les maisons blanches. D’autres plages sont accessibles à pied, ce qui rend les pauses baignade faciles à intégrer dans la journée.
Si vous êtes prêts à vous éloigner un peu, le décor est plus sauvage du côté du Parc Naturel du Cap de Creus. Là, des criques comme Cala La Jugadora ou Cala Culip offrent une ambiance plus brute, avec des roches sculptées par le vent et une eau claire. Je n’ai pas pu me baigner en février, mais j’ai aimé m’y arrêter, m’asseoir sur un rocher et regarder les nuances de bleu changer selon la lumière. On comprend alors pourquoi tant d’artistes ont trouvé ici une source d’inspiration inépuisable.


9. Le parc Naturel du Cap de Creus
À quelques minutes de Cadaqués, le décor change radicalement. Le Parc naturel du Cap de Creus marque l’extrémité orientale de la péninsule ibérique. Ici, la côte est rugueuse, presque lunaire. Les roches semblent tordues, étirées, modelées par des siècles de vent et de sel. La Tramuntana souffle fort certains jours, et on comprend qu’elle a façonné ces reliefs autant que la mer. Sur les sentiers, j’ai eu la sensation d’être loin de tout, alors que Cadaqués n’est qu’à quelques kilomètres.
Ce parc naturel est protégé depuis 1998. Il abrite une flore méditerranéenne adaptée à des conditions extrêmes et une faune discrète, mais bien présente. On y croise des randonneurs, des photographes, quelques cyclistes, chacun avançant à son rythme. Le contraste avec l’ambiance animée du village est frappant. Ici, moins de bruit, moins de maisons, davantage d’espace. J’ai aimé cette respiration. On peut choisir un point de vue, s’asseoir, observer la mer s’écraser contre les rochers.
Beaucoup viennent jusqu’au phare du Cap de Creus pour admirer le lever ou le coucher du soleil. La route serpente entre les collines arides avant d’aboutir face à l’horizon. C’est un lieu qui a inspiré Salvador Dalí et d’autres artistes, tant les formes naturelles paraissent irréelles. Même si vous ne comptez pas parcourir de longues distances, je vous conseille d’y consacrer au moins quelques heures. Le Cap de Creus donne à Cadaqués une dimension plus sauvage, presque brute.



10. La maison de Salvador Dalí à Portlligat
Impossible de venir à Cadaqués sans faire un détour par la maison-musée Salvador Dalí, située à Portlligat, à une vingtaine de minutes à pied du centre. C’est ici que Salvador Dalí a vécu et travaillé pendant une grande partie de sa vie, avec Gala. À l’origine, il s’agissait d’une cabane de pêcheur achetée dans les années 1930. Au fil du temps, l’artiste l’a transformée en un ensemble de pièces toutes reliées entre elles, presque labyrinthique, à son image.
En entrant, j’ai eu l’impression de pénétrer dans l’intimité d’un créateur. Les espaces sont remplis d’objets. L’atelier, baigné de lumière, est tourné vers la baie. On imagine Dalí face à la mer, observant les rochers du Cap de Creus avant de les transposer dans ses toiles. Rien n’est laissé au hasard : les œufs géants sur le toit, les ours naturalisés, la disposition des pièces… tout reflète son univers.
La visite se fait sur réservation, avec un nombre limité de personnes à la fois. Cela rend l’expérience plus intime. On circule presque en silence, comme si l’artiste pouvait surgir d’une pièce à l’autre. Ce lieu permet de comprendre le lien entre Dalí et ce paysage. Après la visite, en revenant vers Cadaqués par le chemin côtier, je regardais les rochers et la lumière d’un autre œil. On saisit mieux pourquoi il a choisi de vivre ici, face à cette baie qui semble changer d’expression à chaque heure du jour.





Combien de temps consacrer à Cadaqués ?
Quand j’ai préparé mon passage à Cadaqués, je me suis posé la même question. Est-ce qu’un jour suffit ? Faut-il prévoir une nuit sur place ? Tout dépend de votre rythme et de votre envie de marcher autour du village. Pour ma part, j’y suis venue deux fois depuis Llança… et je ne l’ai pas regretté.
Visiter Cadaqués en un jour
Si vous n’avez qu’une journée, je vous conseille de commencer tôt par la vieille ville. Flânez dans les ruelles blanches, montez jusqu’à l’église Santa María pour admirer la vue sur les toits et la baie, puis redescendez tranquillement vers le front de mer. Prenez le temps de marcher le long de la Riba des Poal et de faire une pause à la Platja Gran ou à la Riba Pitxot.
En fin de matinée ou en début d’après-midi, direction la maison de Salvador Dalí à Portlligat (réservation indispensable). La visite prend environ une heure. Ensuite, revenez vers le centre pour déjeuner face à la mer. Si le timing le permet, marchez un petit bout du Camí de Ronda vers le nord, ne serait-ce que jusqu’à la Platja de S’aranella, pour profiter d’un panorama différent sur la côte. En une journée, vous aurez déjà une belle vision du village et de son environnement.
Visiter Cadaqués en deux jours
Avec deux jours, l’expérience change. Le premier jour peut suivre le programme ci-dessus, en prenant davantage le temps de vous arrêter, d’entrer dans une galerie, de vous asseoir en terrasse ou de vous baigner. En fin de journée, restez pour voir la lumière décliner sur la baie. Les couleurs deviennent plus douces, presque rosées, et l’atmosphère se transforme.
Le deuxième jour, je vous suggère de consacrer plusieurs heures au Parc Naturel du Cap de Creus et à ses rochers fantastiques. Vous pouvez rejoindre le phare en voiture ou à vélo, ou choisir une randonnée sur une portion du Camí de Ronda plus longue. Prévoyez aussi un moment pour découvrir l’un des musées du village, comme Expo Dalí Cadaqués ou le Musée de Cadaqués. Avec deux jours, Cadaqués dévoile ses contrastes, entre art, mer et paysages bruts.

















